L'Association

En ligne, soyons masqué !

Mauvais jeu de mots sans doute, par les temps qui courent… Et pourtant, plus que jamais, dans une société qui se dématérialise au-delà de toute mesure, il paraît nécessaire de garder en main sa vie privée.

D’ailleurs le Grillon de Florian ne nous a-t-il pas prévenu : Pour vivre heureux, vivons cachés !

5 étapes pour vivre Heureux

Un ordinateur se décompose en plusieurs poupées russes : de manière simplifiée, cela donne le système d’exploitation, qui supporte des logiciels, qui donnent accès à des comptes, où l’on rentre ses données.

Si cela ne se passait qu’en local, sans connexion à internet, il n’y aurait pas de problème ! Mais le fait est que chaque boite se connecte à internet, et envoie des informations malgré nous (de toute manière on ne vous laisse pas le choix, soit vous acceptez les conditions d’utilisation, soit vous ne pouvez pas utiliser l’outil).

Crédit photo : « Poupées russes » par anolba sous licence CC BY-NC-SA 2.0

Pour protéger sa vie privée, pour éviter de donner les pleins pouvoirs à des entreprises mal intentionnées en leur fournissant toutes les infos sur notre utilisation d’internet ou d’un logiciel, il est important de s’occuper du maquillage de chacune des poupées russes, et pas que d’une seule ! 😉

1. Installer des bloqueurs de pub, traceurs ou cookies

C’est la plus petite poupée russe, la première des actions à faire. Cela ne protège (partiellement) que le navigateur que vous utilisez : firefox, chromium, opera…

Nous vous en conseillons quelques unes :

  • uBlock Origin, un bloqueur de publicité open source
  • Ghostery, un bloqueur de pub et de trackers
  • Decentraleyes, Protège du pistage lié aux diffuseurs de contenus « gratuits », centralisés.
  • Duckduckgo, protège vos données lorsque vous effectuez une recherche et naviguez.

En plus de ces extensions, vous pouvez aussi aller dans les options de votre navigateur, et dans les paramètres vie privée et sécurité, vous pouvez choisir de bloquer les cookies, les trackers, … Le mieux étant d’utiliser plusieurs de ces options.

2. Limiter ses informations sur internet

Moins vous laissez de traces, moins on en sait sur vous. Laisser des traces, ça veut dire mettre des infos sur des sites (réseaux sociaux, infos de profil dans divers comptes, photos, oublier d’enlever les méta-données des photos, …) mais aussi éplucher les paramètres de votre compte, pour vous assurer que rien ne se fait sans votre accord.

Pensez à supprimer vos comptes inutiles, lorsque vous arrêtez de vous servir d’un outil, à remplir au minimum les champs proposés, et à faire sans internet tout ce qui n’en a pas la nécessité : compresser vos pdfs, vos images, faire vos courses, regarder un film… Quoi ?! Sans internet, c’est possible ? 😉

Utilisez des mots de passe compliqués et différents pour chacun de vos comptes. Oui, c’est contraignant, ça oblige à avoir une mémoire d’éléphant ou un pense-bête (à stocker en sécurité ailleurs que sur votre ordinateur…), mais c’est le meilleur moyen de garder privé l’accès à vos comptes.

Enfin, n’oubliez pas de mettre un scotch opaque devant votre webcam : Sinon, c’est un peu comme vivre au rez-de-chaussée sans avoir de volets ni rideaux… !

3. Utiliser au maximum de l’Open Source

Si l’on veut s’assurer du bon fonctionnement d’un outil (logiciel, service en ligne, application …) il est préférable d’utiliser de l’open source. cela nous assure que tout est transparent, et que rien ne se fait dans notre dos.

Par exemple, à la place de l’appli de SMS basique de votre android (qui est à google, donc pas du tout transparent ni bienveillant), ne mettez pas textra, qui vous mettra de la pub et qui analyse votre utilisation, ou messenger ou pulse sms… Choisissez QKsms, dont le code source est accessible, et qui ne regarde pas ce que vous envoyez…

Un autre exemple avec maps, qui est certes pratique, mais qui vous suit à la trace, en enregistrant où vous êtes, en vous proposant de la publicité en fonction de votre lieu… Utilisez plutôt OSMand, qui nécessite un peu de prise en main, mais qui vous permet de naviguer en étant moins suivi* et surtout d’avoir les fonds de carte même sans internet, ce qui est très pratique pour les petits forfaits mobile !

Vous pouvez également retrouver un grand nombre de services en ligne chez les chatons, (Collectif des Hébergeurs Alternatifs, Transparents, Ouverts, Neutres et Solidaires) et chez framasoft, qui valorisent le logiciel libre et open source.

*Ne nous leurrons pas : tant que vous ne rootez pas votre portable et continuez d’utiliser android, dès que vous activez le localisation, google sait où vous êtes.

4. Chiffrer ses données, ses messages

Il est impossible, soyons honnêtes, de ne pas utiliser internet aujourd’hui pour communiquer et échanger des documents. Nous avons tous une adresse mail (parfois plusieurs), un espace cloud (nextcloud pour les sensibilisés, google drive, dropbox, mega pour les inconscients), …

Nous avons réuni sur cette page du Wiki Rame pas mal d’informations sur les communications sécurisées. Prenez le temps de faire le nécessaire pour être tranquilles, et d’en faire profiter vos amis !

Attention quand même, aujourd’hui, la mode est de crypter, de rendre « sécurisé » tout support. Mais c’est pour beaucoup surtout un argument de vente ! Il faut bien se renseigner sur comment ça marche vraiment. Pour vous donner un exemple, Whatsapp n’est pas sécurisée. Télégram, malgré ce qu’en disent les créateurs, évolue dans un brouillard qui ne permet à personne de vérifier la sécurité réelle. Olvid, en attendant que les développeurs publient leur code source, doit susciter notre méfiance, etc.

Vous pouvez également envoyer un message via un PrivateBin, un pastebin (ou gestionnaire d’extraits de texte et de code source) amélioré, minimaliste et open source, dans lequel le serveur n’a aucune connaissance des données envoyées. Les données sont chiffrées/déchiffrées dans le navigateur par un chiffrement AES 256 bits.
Plus d’informations sur la page du projet.

Nous en avons installé un, à cette adresse si vous voulez vous en servir ! 🙂

enigma.sentiersdudevenir.fr

5. Utiliser un VPN

Enfin, pour anonymiser votre utilisation d’internet, mais aussi pour que vos logiciels (et pas que votre navigateur) soient mieux sécurisés, vous pouvez utiliser un VPN.

Vous pouvez retrouver plus d’informations sur cette page du Wiki Rame, un espace où nous mettons à disposition nos connaissances dans des domaines variés !

Parce que les bons VPN sont payants, et que pour nous l’anonymat est un droit fondamental qu’on ne devrait pas avoir à acquérir, nous avons décidé de mettre à disposition de nos adhérents un accès VPN.
Nous utilisons surfshark, si vous voulez vous renseigner.

Contactez-nous si vous êtes adhérents et intéressés !

Conclusion

Oui, vous allez y passer un peu de temps. C’est sûr qu’installer Openkeychain et K9mail sur son téléphone pour chiffrer ses mails demande un peu plus de temps et d’attention que d’utiliser l’adresse gmail tout en un fournie avec votre compte ! Et pourtant, n’est-ce pas déjà là le début de la dignité ? Ne pas se faire avoir, être considéré comme un consommable à exploiter, être en totale possession de ses moyens, données, et surtout de son OUI ou NON. Non, je ne collabore pas avec un monde d’exploitation commerciale, où l’humain s’évapore pour ne laisser que des chiffres.
La fierté de ne pas se faire instrumentaliser, pour nous, elle commence là !

Bibliographie

Voilà quelques exemples qui montrent bien qu’internet est loin d’être sûr…

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